Nos visuels sont brodés au fil, jamais imprimés. C'est plus cher, c'est plus lent, et ça impose des contraintes de dessin. Voilà pourquoi nous le faisons quand même.
Deux façons de poser un dessin sur un vêtement
L'impression dépose de la matière sur le tissu. Selon le procédé — sérigraphie, transfert, impression numérique directe — c'est une couche d'encre, de plastisol ou de film qui adhère aux fibres. Le motif peut être photographique, en dégradés, sur toute la surface du vêtement. C'est rapide et peu coûteux.
La broderie ne dépose rien : elle traverse le tissu. Une machine pique un fil, point par point, jusqu'à former le motif. Le dessin n'est pas posé sur le vêtement, il en fait partie.
Cette différence, invisible le premier jour, décide de tout ce qui suit.
Ce que ça change à l'usage
| Impression | Broderie | |
|---|---|---|
| Au lavage | L'encre pâlit, le film peut craqueler puis se décoller | Le fil ne pâlit pas et ne se décolle pas |
| Au toucher | Une surface lisse, parfois plastifiée | Un relief, on sent le motif sous le doigt |
| Motifs possibles | Photos, dégradés, aplats sur tout le vêtement | Traits, aplats, formes lisibles — pas de photo |
| Fin de vie | Le motif meurt souvent avant le vêtement | Le motif vieillit avec le vêtement |
| Coût | Faible | Nettement plus élevé |
La dernière ligne est la seule qui joue contre nous, et nous l'assumons. Un vêtement dont le motif s'écaille au bout de dix lavages est un vêtement qu'on cesse de porter. C'est un coût, lui aussi — simplement il est payé plus tard, et par quelqu'un d'autre.
Un dessin brodable n'est pas un dessin imprimable
On ne prend pas un fichier destiné à l'impression pour l'envoyer tel quel à une machine à broder. Chaque visuel est retravaillé : nombre de couleurs réduit, traits épaissis, détails supprimés quand ils ne survivraient pas au passage au fil.
La contrainte tient en une phrase : le motif doit rester lisible sur quatre centimètres de large. C'est la largeur d'une broderie de poitrine. Un dessin qui fonctionne sur un grand écran n'y résiste pas toujours, et il faut alors le redessiner plutôt que le réduire.
C'est pour cette raison que nos visuels ressemblent à ce qu'ils sont — des écussons, des blasons, des emblèmes. Ces formes-là sont nées de la contrainte du fil, bien avant nous.
Et c'est aussi pour cette raison que nous ne proposons ni photographies ni dégradés : ce n'est pas un manque, c'est une limite du procédé, et nous préférons le dire.
Entretenir une broderie
Une broderie demande moins de précautions qu'une impression, pas plus. Trois habitudes suffisent :
- Laver à l'envers, à 30 °C. Cela protège surtout le tissu ; le fil, lui, ne craint pas grand-chose.
- Éviter le sèche-linge. La chaleur fait rétrécir le coton, et un tissu qui rétrécit tire sur la broderie.
- Repasser à l'envers, ou en contournant le motif. Le fer sur le fil aplatit le relief.
Aucune de ces règles n'est propre à la broderie : ce sont celles du coton. Une broderie bien posée sur un vêtement bien lavé n'a pas de raison de bouger.